Un permier prix au festival des jeunes artisans





Au festival des jeunes artisans de Boukhara qui s'est tenu du 19 au 21 septembre 2017, le premier prix de peintre miniaturiste a été attribué à Madina Saidova. Toutes nos félicitations, Madina !


Madina recevant le prix des mains du président ouzbek Shavkat Mirziyoyev.
Les lauréats du prix.
Madina faisant un démonstration de son art.

Brève histoire de la miniature

En Occident, l'art de la miniature dérive de l'enluminure médiévale ; il lui emprunte son nom, puisque le terme de miniature semble provenir de minium, couleur rouge employée dans la décoration des manuscrits. Il n'est pas à exclure, en outre, que l'origine du terme puisse être trouvée dans le mot latin minus, "plus petit", d'où dériverait miniature, peinture de petites dimensions. Au XVIIe siècle, le mot s'orthographie "mignature" et Diderot y reconnaît la même racine que "mignard", délicat. La miniature avait fait son apparition au XVIe siècle, surtout utilisée pour des portraits, aisés à conserver et à transporter. Puis des artistes, parfois de première importance, de Holbein le Jeune à Fragonard, s'y consacrèrent, représentant des paysages, des scènes religieuses ou mythologiques et des scènes d'actualité. Elles participent aussi à la décoration, ornant bijoux, boîtes et autres bonbonnières et connaissent une période brillante dans le premier quart du XIXe siècle. Elles disparaîtront avec l'arrivée de la photographie.


Hans Holbein le Jeune, Jane Small, Victoria and Albert Museum London, Wikimedia Commons
Jane Small, portrait miniature, peinture à l'eau sur velin, Hans Holbein le Jeune, 1540. Victoria and Albert Museum, London. Sous licence publique via Wikimedia Commons.

Dans l'art islamique, on réserve le terme de miniature aux illustrations figurées et celui d'enluminure aux décors abstraits. Les premiers corans sont agrémentés d'enluminures d'inspiration classique ou orientale s'ajoutant aux lettres qui, elles-mêmes, deviennent de plus en plus décoratives. Les livres avec des illustrations figuratives apparaissent beaucoup plus tard ; les premiers livres de ce type sont essentiellement des traités scientifiques, la plupart du temps des traductions d'ouvrages grecs, dont les images ont surtout une fonction didactique. Au début du XIIIe, des miniatures narratives apparaissent au Proche-Orient. On peut y voir une tendance décorative, figée et stylisée, et une autre plus vive et d'un réalisme visuel plus marqué. Ces ouvrages n'ont que peu d'enluminures, qui restent l'apanage des manuscrits coraniques. C'est seulement vers la fin du XIVe siècle que miniatures et enluminures se conjuguent dans des manuscrits profanes d'un raffinement et d'une beauté extraordinaires. Les corans, eux, n'ont jamais cessé d'être richement décorés, mais ne furent jamais illustrés.Car si le Coran ne défend pas formellement les images (il se contente de mettre en garde contre les idoles et par conséquent contre une idolâtrie éventuelle du prophète ou des saints), la tradition contenue dans les hadith (communications orales du prophète) insiste sur l'interdiction faite à l'artiste de représenter la vie, le monde tel qu'il est, pour ne pas mimer le Créateur.


Manuscrit, Coran, Musée du Saint mausolée de Ma’soumeh, Qom, in La revue de Téhéran.
Manuscrit seldjoukide, Coran de l’école seldjoukide, XIIe-XIIIe siècles, Musée du Saint mausolée de Ma’soumeh, Qom, Iran. La Revue de Téhéran, mai 2013.

Konya, en Anatolie centrale, semble avoir possédé un atelier influencé par le monde turco-persan ; un autre se trouvait en Haute-Mésopotamie, peut-être à Mossoul, où ces influences paraissent plus diluées. De l'aire ayyoubide (dynastie qui régna de 1171 à 1341 en Égypte, en Syrie, au Yémen et une partie de l'Irak et de l'Arabie saoudite) proviennent des images marquées par des techniques et des motifs byzantins classiques. Les illustrations faites à Bagdad sont d'une fraîcheur, d'une vivacité et aussi d'une verve caricaturale inégalées. Elles évoquent une culture citadine et bourgeoise, dans laquelle l'aristocratie militaire turque apparaît sous un jour narquois.


Abdallah ibn al-Fadl, Le cabinet du médecin, in Kitab al-hashaish, in davidmus.dk.
Le cabinet du médecin, miniature tirée du Kitab al-hashaish, une traduction en langue arabe du traité sur la flore médicinale du grec Dioscorides. Miniature réalisée par Abdallah ibn al-Fadl en Iraq en 1224. Source : David Collection.

Sous les Ilkhanides (dynastie fondée en 1256 en Perse par le petit-fils de Gengis Khan), des ateliers sont créés dans l'empire, notamment à Tabriz. Les manuscrits narratifs sont ornés de miniatures et d'enluminures du plus pur style coranique. L'enluminure évolue vers une richesse toujours plus grande (une profusion de lapis-lazuli et d'or) et la miniature connaît une époque de grandeur sans précédent, où les anciens procédés stylistiques (absence de profondeur, quasi-absence de paysage) sont régénérés par les contacts avec la Chine. Beaucoup plus qu'une simple imitation de motifs chinois, c'est plutôt toute une conception de la narration qui se fait jour soudainement. Dans les manuscrits historiques de Rashid al-Din, vizir et savant d'origine juive à la cour des Ilkhans, la miniature est sobre et précise, elle privilégie le trait au détriment de la couleur, elle se veut explicative. Vers 1335, plusieurs manuscrits princiers ont été illustrés à Tabriz. La miniature devient le véhicule des sentiments, des tourments et des drames, l'univers entier participe aux déchaînements des passions et des états d'âme. Les couleurs réapparaissent, souvent lourdes et expressives, mais la finesse de trait de la première école ilkhanide demeure. Cette finesse est un acquis définitif, alors que toute charge émotionnelle sera abandonnée dès la fin du XIVe siècle.


Rachid Ad-Din, Hulagu en compagnie de la reine chrétienne Dokuz Kathun, in Histoire du Monde, Wikimedia Commons
Hulagu en compagnie de la reine chrétienne Dokuz Kathun par Rachid Ad-Din dans son Histoire du Monde, 14e siècle. Sous licence publique via Wikimedia Commons.

L'ère timouride (1369-1507) voit se développer à Boukhara et à Samarcande une longue tradition littéraire. Tamerlan avait déporté dans sa capitale Samarcande une partie des copistes et artistes de Bagdad. Ses premiers descendants apprécièrent tous vivement la peinture et la calligraphie. Pendant le règne d'Ulugh Beg (1409-1449), plusieurs manuscrits importants ont été commandés, parmi lesquels un traité astronomique d'Al-Soufi, le Livre des étoiles fixes (vers 1437), avec des représentations symboliques des constellations.


Al Soufi, Atlas astronomique, bibliothèque du monastère de Strahov, Wikimedia Commons
Atlas astronomique, Al Soufi. Milieu du XIVe siècle. Exposé à la bibliothèque du monastère de Strahov. Sous licence publique via Wikimedia Commons.

La fin de la dynastie, cependant, ne fut guère féconde et il faut attendre l'avènement en 1507 de la dynastie des Chaybanides pour assister au renouveau. Mécène, protecteur des arts et poète capable de composer en turc et en persan, Mohammad Shaybani entretient à la cour de Samarcande une bibliothèque importante. Mais c'est à Boukhara, dont il est originaire, qu'il installera sa capitale. Il y réunit les meilleurs artistes et calligraphes de son temps, tous originaires de Hérat, comme le calligraphe Mir Ali ou le peintre Sheikhzadeh, l'un des meilleurs élèves de Behzad, le grand maître de cette époque qui inspira un style de miniature persane qui restera une référence après sa mort.


Behzad, miniature, Wikimedia Commons
Une miniature de Behzad. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

Le style boukhariote se prolongera jusqu'en 1575. Les miniatures sont souvent le fruit du travail collectif d'un atelier : un artiste est spécialisé dans les paysages ou l'architecture, un autre dans les personnages ou les animaux. Cette collaboration aboutit pourtant à la création d'œuvres d'une réelle homogénéité et d'une grande qualité artistique. La plupart des peintures ne sont pas signées. L'influence de l'école de Boukhara sera perceptible dans l'Inde de l'empereur Jahangir, lui-même grand admirateur de la miniature persane. Des miniatures s'en inspirant sont produites en abondance dans les ateliers du Cachemire tout au long du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.


Mariage à Konigil, miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg, Samarcande, © L. Gigout, 2012
Mariage à Konigil, miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg à Samarcande.Photo 2012.

Moment de rendez-vous, miniature du XVe siècle, observatoire d'Ulugh Beg, Samarcande, © L. Gigout
Moment de rendez-vous, miniature du XVe siècle, observatoire d'Ulugh Beg à Samarcande. Photo 2012.

Amir Timur, miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg, Samarcande, © L. Gigout, 2012
Amir Timur, miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg à Samarcande.Photo 2012.

miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg, Samarcande, © L. Gigout, 2012
Sans titre, miniature du XVIe siècle, observatoire d'Ulugh Beg à Samarcande. Photo 2012.



Sources
Encyclopédie Universalis :
Roseline Bacou, Miniature ;
Marianne Barrucand, Islam (La civilisation islamique) - L'art et l'architecture.
Wikipédia : Miniatures persanes.
Jean-Paul Roux, La miniature iranienne, un art figuratif en terre d'islam.

Sauf avis contraire, les photos sont de © Louis Gigout, 2012. 






Boukhara (Buxoro)

Ouzbékistan, Boukhara, chaïkhana, place Liab-i-Haouz, © L. Gigout, 2012
Chaïkhana de la place Liab-i-Haouz à Boukhara, 2012.

Boukhara (Buxoro en ouzbek), chef-lieu de la région homonyme de la république d'Ouzbékistan, est située dans le delta du Zeravchan, sur le canal de Shakrud. La région de Boukhara, qui comprend la vallée inférieure du Zeravchan et une partie du désert du Kimirekkum, est bien reliée au reste du pays. Son économie repose sur l'agriculture (coton, fruits, sériciculture), sur l'élevage (moutons karakul, bovins) et sur l'industrie légère (tanneries, filatures, habillement) ou lourde (le complexe de Boukhara-Khiva exploite le gaz naturel, qui est envoyé par gazoducs vers l'Oural, la Russie centrale et les États voisins). L'artisanat local (tapis, broderies, dinanderie) se maintient. La légende attribue la fondation de Boukhara à l'antique roi-héros iranien Syavouch, dont le culte est attesté à haute époque. Avant de devenir le khānat de Boukhara au XVIe siècle, la région (antique Sogdiane, puis Transoxiane) avait été habitée par les Saka, puis occupée tour à tour par les Yuezhi, les Huns Hephtalites et les Turcs. Centre religieux iranien important surtout pour son accueil aux réfugiés persécutés par les Sassanides (chrétiens, bouddhistes, manichéens), la région devint un foyer de vie intellectuelle à l'époque islamique, d'abord sous les Samanides (Xe siècle) puis sous les Turcs Qarakhanides (XI-XIIe siècles). Après une nette régression à l'époque mongole, elle se releva sous les Tīmourides et connut sa plus grande importance sous les Ouzbek Shaybanides (XVIe siècle). Elle ne retomba pour un temps dans l'orbite persane au XVIIIe siècle que pour devenir l'objet de la rivalité anglo-russe au XIXe siècle et finir par être englobée dans l'Empire tsariste, puis dans l'U.R.S.S., avant de devenir un État indépendant en 1991. Sa population est encore aujourd'hui très mélangée (prédominance ouzbèke, forte présence tadjike, quelques Russes et Juifs), s'élevait à 237 361 en 2001.

De nombreux témoins de la gloire passée de la ville de Boukhara qui était avec Samarcande au cœur de la Route de la soie sont encore visibles : mausolée d'Ismaïl Samanī, ensemble Kaylan, médersas Ulugh Beg, Abd al-Aziz, Kukeldash et Nadir Divan-Begi, Tchor Minor, la mosquée Bolo Haouz et bien d’autres mosquées et médersas réparties dans les quartiers populaires et que l’on découvre au hasard de la flânerie. Les rues sont bordées de marchés spécialisés, d’échoppes et de chaïkhani. Cette mixité de l’urbanisme constitue le charme de Boukhara. Sans oublier le bassin de Liab-i-Haouz, lieu de rencontre privilégié des boukhariotes. On s’y donne rendez-vous le soir, installés sur les sofas ou assis sur les murets, on discute en buvant du thé, les enfants jouent, le murmure des jets d’eau accompagnant la rumeur. J’ajouterai que Boukhara est la ville de savants, poètes et écrivains comme le grand médecin et philosophe Avicenne, le poète Rudaki et le savant encyclopédiste al-Biruni.


Carte de l'Ouzbékistan. (Fond Google Map.)

Ouzbékistan, Boukhara, Ark, minaret Kaylan, © L. Gigout, 1999
Boukhara à la tombée du jour en 1999. Au premier plan : la citadelle Ark construite au  XVIe siècle sous les Chaybanides. Au centre, l'ensemble Kaylan avec son minaret remarquable élevé sous les Qarakhanides en 1127.

Ouzbékistan, Boukhara, madrasa Nadir Divan-Begui, © L. Gigout, 2010
Portail de la madrasa Nadir Divan-Begui construite par Nadir Divan-Begui en 1622. Photo 2010.

Ouzbékistan, Boukhara, mosquée Bolo Haouz, iwan, © L. Gigout, 2010
L'iwan de la façade de la mosquée Bolo Haouz (1712). Photo 2010.

Ouzbékistan, Boukhara, © L. Gigout, 2010
Ruelle dans la vieille ville, 2010.

Ouzbékistan, Boukhara, Liab-i-Haouz, © L. Gigout, 2010
Place Liab-i-Haouz le soir, 2010.




Sources :
Jean Calmard, Boukhara, Encyclopædia Universalis.

Madina, miniaturiste à Boukhara

Extrait de Les grands sofas d'Asie d'Asie centrale, Louis Gigout, 2014.


Dans une échoppe située entre la coupole marchande Toki-Tilpak-Furuchon ("coupole des fabricants de calottes") et le hammam officie Madina. Trois filles l’entourent alors qu’elle peint sur les mains de l’une d’entre elles un motif au henné pour l’Aïd. Mais son vrai métier consiste à peindre des miniatures et des aquarelles et à dessiner des céramiques. Elle a 19 ans [nous sommes en 2012]. Elle est d’origine arabe, ce qui explique, me dit-elle, son prénom et ses sourcils qui se rejoignent presque à la naissance de son nez. Je lui demande de me peindre une miniature représentant un tapchane* volant. Ma proposition l’embarrasse. Elle fait la moue. Voilà qui sort de l’ordinaire.
– Comment un tapchane peut-il voler ?
– S’il y a des tapis volants, il peut bien y avoir des tapchanes volants. Tu n’as qu’à rêver cette nuit que tu es sur un tapchane volant avec ton prince charmant. Quand tu te penches, tu peux voir une caravane qui s’approche du minaret Kaylan et Rushana assise devant son échoppe. Tu lui fais un signe de la main.
– Il me faut une vraie histoire. Je ne peux pas dessiner si je n’ai pas une histoire à raconter. Ton histoire n’est pas une vraie histoire.

Toute la famille de Madina travaille dans des créations qui tournent autour de la peinture et de la céramique. Je dîne avec elle dans une chaïkhana. Madina a apporté une préparation à base de viande et de frites cuisinée par sa sœur. Après dîner, je l’accompagne à la médersa Divan-Begui où elle doit faire acte de présence pendant une heure dans l’échoppe de son oncle. Davron Toshev est considéré comme le meilleur miniaturiste de Boukhara. Avec son frère Davlat, sa nièce et quelques autres artistes locaux, ils perpétuent la tradition de cet art hérité du XVIe siècle et incarnent aujourd'hui l’École de Boukhara. Davron est membre de l’Académie des Peintres d’Ouzbékistan et enseigne à l'Université des Beaux Arts de Boukhara. C'est lui qui a formé Madina et lui a appris à composer ses miniatures elle-même, sans copier les anciens dessins, en s'inspirant de la littérature d’Omar Khayyam, de Nasreddin Khodja et d’Alisher Navoï et de la vie d’Avicenne. Omar Khayyam est souvent représenté en train de boire du vin en bonne compagnie.
– Crois-tu qu’il buvait vraiment du vin, demandé-je à Madina en pensant à l'interdiction de consommer de l'alcool en Islam.
– Bien sûr, rétorque-t-elle. Il boit le vin toute la journée, écoute de la musique et aime les jeunes filles. C’est la vérité.
– Qui est Alisher Navoï ?
– C’est un grand poète. Il a vécu en Perse et à Samarcande au 15e siècle.


Ouzbékistan, Boukhara, Madina, miniaturiste, © L. Gigout, 2012
Madina le soir à Liab-i-Haouz.

Regard noir, pénètre-moi, deviens prunelle
Comme les hommes installe-toi dans le noir de mes yeux.
De la fleur de ton visage, comme en un jardin fleuri,
ordonne le parterre du cœur.
De la tige de ton corps de femme, comme en un jardin sauvage,
celui de l’âme.


Extrait de Qaro Ko’zum qui est encore aujourd’hui une des chansons les plus populaire en Ouzbékistan (traduction Hamid Ismailov, Anthologie de la poésie d’Ouzbékistan, Éditions du Sandre).


Alisher Navoï écrivait des ghazal, forme poétique traditionnelle dans toute l’Asie centrale et l’Inde mogole. D’origine arabe, le mot “ghazal” signifie “aimer parler aux femmes”. Il désigne une forme de versification commune à tous les peuples musulmans orientaux.

Dans la cour de la médersa, les touristes attablés se fichent bien des ghazal et des miniatures de l’oncle de Madina. Ils s’en vont, repus, et la médersa se vide peu à peu. Nous nous rendons alors dans une autre échoppe, tenue celle-là habituellement par sa mère sur la place Liab-i-Haouz. Nous passons plus d’une heure ensemble, assis à proximité du bassin, elle surveillant la boutique tout en me tenant compagnie. Elle me parle de son avenir et de ses rêves. Un mariage s'impose car elle aura vingt ans l'année prochaine. Elle aura alors peut-être plus de facilités pour voyager car il est impossible pour une fille célibataire d'obtenir un visa pour l'Europe. Elles furent si nombreuses à n'être pas revenues dans le passé. Elle ira en Italie où on lui a déjà proposé d'exposer ses miniatures. Elle pourra peut-être travailler dans une pizzéria pour gagner quelque argent et s'acheter des couleurs. Elle ira en France, bien sûr. Il paraît que Paris est une ville tellement belle. Facétieuse, elle s'amuse parfois à représenter la Tour Eiffel dans ses dessins, à côté du minaret Kaylan. Elle me demande de lui parler de ce fleuve qui traverse la capitale et de ce musée qui renferme les plus belles peintures. Y a-t-il des miniatures dans ce musée ? Et des tapchanes, me taquine-t-elle, y a-t-il des tapchanes dans vos chaïkhana ? La prochaine fois que tu viendras, je te conduirai dans le kichlak (village) de ma famille. Nous en avons un très vieux là-bas... Sa mère nous rejoint et reste un instant avec nous avant de décider qu’il est temps de fermer boutique.

*Le "tapchane" (nom d'origine turco-mongole passé dans la langue russe) ou "grand sofa" est une plate-forme en bois portée par quatre pieds, recouverte de tapis et pourvue de coussins, sur laquelle les gens d'Asie centrale s'installent pour prendre le thé et les repas et parfois pour y dormir. Installé souvent à l'extérieur, on le trouve dans les maisons privées et les chaïkhanas (maisons de thé). Le blog sur Les grands sofas d'Asie d'Asie centrale leur est dédié.


Ouzbékistan, Boukhara, Madina, miniaturiste, © L. Gigout, 2012
Madina peint une céramique devant son échoppe à Boukhara.

Ouzbékistan, Boukhara, Madina, miniaturiste, henné, © L. Gigout, 2012
Madina peint des motifs au henné sur la main d'une de ses amies pour la fête de l'Aïd.

Quelques miniatures de Madina Saïdova

Hormis Caravane et Tapchane vole !, les miniatures qui suivent ont été exposées à Toulouse par l'association 111 des Arts au profit des enfants atteints de maladies graves. Elles ont toutes été vendues. Pour tout renseignements complémentaires, contacter l'administrateur du blog ou le 111 des Arts.


Boukhara, Ibn Sina, Avicenne, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Ibn Si-na (Avicenne), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Partie de polo (1), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Partie de polo (2), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Festin (1), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Festin (2), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Caravane, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Caravane, aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
L’Arbre d’amour (symbole de fidélité et d’affection), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Une chasse royale (1), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Une chasse royale (2), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle
Boukhara, grenadier, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
L’Arbre de vie (le grenadier, symbole d’une famille nombreuse), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Omar Khayyam, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Hommage à Omar Khayyam (1), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Omar Khayyam, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Hommage à Omar Khayyam (2), aquarelle naturelle, or et argent sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
La lutte, aquarelle naturelle sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Mulla Nasreddin,  Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Mulla Nasreddin, aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Route de la Soie, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
La Route de la soie (1), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Route de la Soie, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
La Route de la soie (2), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Sans titre (1), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Sans titre (2), aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle.
Boukhara, tapchane, Madina, miniature, 2013, photo L. Gigout, 2014
Tapchane vole !, aquarelle naturelle, or sur papier de soie façon XVIe siècle. Miniature réalisée pour illustrer le livre Les grands sofas d'Asie centrale, Louis Gigout, 2014.